|
Mathilde Bossé :
A l'âge de 33 ans, Mathilde Bossé a rencontré un chercheur autodidacte : Robert Perrin - 1940/2000 -
et s'est très vite passionnée pour son enseignement qu'il nommait "anthropologie fondamentale et appliquée".
Il avait créé "l'anthropothérapie" qu'il définissait comme "une procédure d'harmonisation de soi par la
mise en œuvre de ce que chaque être détient de plus essentiellement humain, évoquant ainsi tout travail
sur soi dans le but de progresser, de s'élever, de s'axer".
L'anthropothérapie incluait une forme
d'art-thérapie scénique (danse, poésie, théâtralisation).
Elle a participé activement à
cette recherche pendant 14 ans dans une plus ou moins grande proximité avec l'auteur et son équipe de travail.
Par la suite, elle a rencontré beaucoup d'autres passionnés de vie et de recherche intérieure.
Après avoir approché ces divers enseignements et apprentissages, elle se sent invitée à explorer la Voie de l'UN qui inclut autant de voies que d'êtres humains.
Elle constate que tout ce qu'elle cherche à retenir lui échappe, que tout ce qu'elle cherche à comprendre la dépasse, qu'en tant qu'être vivant, elle est partie intégrante d'un Mystère plus grand qu'elle.
Elle essaie d'écouter le mouvement proposé par l'Energie créatrice, de le suivre, même quand il lui demande de traverser des zones difficiles telles que : peur de vivre, peur de mourir, nostalgie, chaos, errance malheureuse, sécheresse de cœur, sentiment de séparation… Car elle pressent que tout ce qui existe est principe de maturation. Elle se sent attirée par la neutralité et la bienveillance.
Le patchwork :
Durant l'été 2004, au fil des "synchronicités", la vie m'a guidée jusqu'à un petit ashram familial de tradition baüle, en Inde, au Bengale, où il m'est apparu que ce que j'avais à faire, c'était d'apporter un petit supplément de beauté à ce lieu qui m'accueillait pendant plusieurs semaines.
C'est ainsi que je me suis vue programmer la réalisation d'un immense patchwork en tissu pour placer au plafond du temple. J'ai pu louer une machine à coudre et le maître des lieux est venu avec moi acheter le tissu.
J'ai placé au centre le mandala symbolisant un labyrinthe que je venais de réaliser sur un canevas avec beaucoup d'attention et d'amour, et j'ai commencé à relier les morceaux de tissu les uns aux autres en attachant beaucoup d'importance à ce que chacun puisse apparaître dans sa différence, dans sa particularité. J'ai constaté que certains morceaux de tissu, de par leur couleur, leur texture, leurs motifs, me procuraient un certain malaise et comme une envie de les rejeter, mais je me suis appliquée à leur donner une place tout autant qu'à ceux qui me procuraient un certain plaisir.
Au bout de trois semaines, le patchwork circulaire de 20 m2 était terminé. Le cœur léger, déambulant sur ma bicyclette dans les rues de ShantiNiketan (Demeure Paisible), j'ai été sensible à cette inscription placée à l'arrière d'un minibus transportant des écoliers : "God is One". Et quand mon regard a embrassé le patchwork dans sa totalité, j'ai vu la beauté de ce qui est rassemblé, l'utilité de chacun des morceaux : ceux qui avaient pu susciter du rejet tout autant que ceux qui avaient suscité du plaisir, et j'ai ressenti comme de la tendresse pour les quelques "défauts" techniques, figurant mes propres limites dans cet instant donné.
Oui, ce travail m'a donné un peu plus de solidité pour oser affronter ce que je ressens comme maladresses, sentiments honteux, culpabilités quand je prends conscience de mon attirance pour l'infaillibilité, la perfection, l'idéalisation… Je constate, à travers la Voie du quotidien, de la présence à l'instant, que nos chemins de vie sont composés de multiples "morceaux" disparates qui, tous, ont leur raison d'être, qui, tous, sont partie intégrante de la Vie.
L'Energie créatrice m'invite à voir que chacun détient son propre rythme pour lâcher prise, se libérer de ses besoins de juger, critiquer, justifier, expliquer, pour apprendre à se connaître et à aimer tous les aspects de sa personnalité et leurs limites, mais aussi pour accueillir en soi la vie telle qu'elle est, se relier à la Réalité, à la Totalité (qui inclut difficultés, tristesses, maladresses…), sentir "Cela qui rassemble", "Cela qui est plus grand que soi", "Cela qui, à jamais, restera mystérieux"…
Retour
|
 |